21 juillet 2008
Acacia: la chanson, poétique et triste, me fait penser au mouvement préraphalite. Mais je ne voyais aucun tableau concordant. J'ai alors pensé à Margaret Julia Cameron, photographe qui s'inspirait de ce mouvement
je trouve cette image douce et morbide, un peu désuete...
Les bords de mer: Joseph Turner, pour sa façon de peindre la mer, les naufrages...ce n'est jamais calme. Sur ce tableau "Burial at sea", j'aimais le feu sur l'eau, la passion qui se déchire, la rencontre des éléments, la rupture...
Les limites: un peintre qui les dépasse sans hésiter, Salvador Dali! mais derrière l'excès, il y a toujours quelque chose de plus. La démesure n'est jamais gratuite. Il avait lui aussi fait en sorte que son personnage fasse partie intégrante de son oeuvre.
"La tentation de Saint Antoine"
Bouche pute: ça se passe de commentaires
"observatory times: the lovers" de Man ray
Pudding morphina: le côté dérangeant mais aussi charnel. L'étreinte fatale...
"le vampire" de Munch
Piano Lys: une balade romantique, un regard absent...
"Lella" par Edouart Boubat
Les soirées parisiennes: l'excès, le superficiel et pourtant la solitude au coeur de tout ça.
Toulouse Lautrec "le moulin Rouge"
J'aime pas: Marc Chagall, car il peignait souvent des couples, l'air amoureux mais avec l'idée que tout n'est pas aussi idyllique que ça en a l'air au premier regard.
"Birthday"
SS in Uruguay: évidemment Gainsbourg
Portrait par William Klein
First Lady: l'élégance et la sophistication, Richard Avedon savait la capturer mieux que quiconque.
Dans ce portrait de "Dorian Leigh" pourtant, on sent aussi une félure, une fragilité, une solitude, une envie de fuir, de vivre autre chose...comme dans la chanson
Et enfin Los Angeles: Edward Hopper, pour sa représentation atypique des Etats Unis. Des lumières sublimes, une atmosphère de fin du monde, en tous cas la certitude d'un changement à venir...
"Morning Sun" 
Acacia ce tableau de Munch pour la poesie, la valse du temps, la lumière, le mystère (voir la personne étendue qu'on croirait morte) la fragilité....
Les bords de mer Seurat...pour la mélancolie, le flou, scènes de vie en pointillés, moue boudeuse, couleur grise
Les limites...Courbet, pour l'audace, les limites dépassées, le scandale etc...
Bouche pute, j'ai pensé de suite à Schiele, les corps noués, la force, l'absence de mièvrerie dans l'acte, l'intensité
Les figures imposées Lolita de Lempicka, pour le côté kitch, riviera, décapotable et verre à la main...
Dans tes rêves...Magritte pour le côté surréaliste, répétitif, irréel, drôle ..
Pudding Morphina...Munch encore, le cri, le malaise, la souffrance, la peur, les sentiments qui échappent...
Piano Lys...Dali, pour la métaphore, l'envolée, le mystère, l'étrange, l'accouplement improbable...
Soirées parisiennes...Soutine...ascension sociale, réalité déformée, rouge sanguinolant, danger...
J'aime pas... Liechsenstein ...la jeunesse, l'amour naif, les disputes, l'incompréhension...
First Lady...Matisse, la volupté, la soumission et la flamboyance
SS in uruguay....Basquiat...l'insolence de la reprise
Los Angelès... Chagall.... l'onirisme, le couple séparé, l'envol, le voyage
De mots....Haring...on court tous aprés l'amour 
ACACIA fantomatique, brouillard, intensité intérieure
Yves Tanguy
BOUCHE PUTE romantique, abandon, inéluctable
Boris Vallejo
LES FIGURES IMPOSEES chaleur écrasante, coucher de soleil libérateur, bilan mélancolique mais positif
Guy Leroy
PUDDING MORPHINA folie, perte, incapacité à se retrouver
Dali
SOIREES PARISIENNES société de consommation
Andy Warhol
J’AIME PAS couple, mais rien ne va… amour désaxé
Kokoshka
FIRST LADY volupté, frissonnante …attente
Modigliani
LOS ANGELES l'image me convient, mais les couleurs sont trop sombres...
Edward Hopper
I’M DRUNK nuit d'été après soirée arrosée (pourrait convenir pour « de mots »)
Van Gogh
Pour Acacia, j’ai pensé à Jacques Monory.
C’est comme ça avec Acacia : j’appuie sur PLAY et des images arrivent toutes seules comme celle-ci, douce et calme, avec une conscience aiguë du temps qui se barre
Les bords de mer
C’est la première chose qui m’est venue à l’esprit, ce tableau de Picabia…
Le chien me fait penser à l’apathie que Julien interprète lorsqu’il évoque cette femme qui est partie… partie pour qui, pour quoi ? Et il parle d’Ariane bien sûr… cette Fille à la plastique parfaite, libre et libertine, fantasme vivant avec l’autre à côté, qui peut symboliser ce public pris à parti, elle me raconte trop de chose, elle ne laisse pas assez de place à mon imaginaire. Je n‘écoute jamais les bords de mer.
Les Limites
La première fois que j’ai entendu les limites j’ai fait
: « objet non identifié… »
Un peu comme ce rady made de Duchamp
Bouche pute
C’est Sándorfi István …pour moi, ça tombe tellement sous le sens que j’ai du mal à trouver les mots. C’est une suite de Shiele ou de Bacon des déformations expressionnistes, la réalité soumise, le temps qui s’accroche au mur d’une pièce sombre et des corps noués dans le parquet.
Figures Imposées
Comme je n’accroche pas trop j’ai été vers un truc désuet un exercice un peu superficiel, vers Claes Oldenburg qui crée un objet sans but, une glace avec les lettres de l’alphabet, c’est sucré, sirupeux, trop léger, ça coule un peu… ça cherche son sens.
Pudding morphina
Les tortures de l'adolescence, j'ai pensé à Jean Michel Basquiat
Dans tes rêves
Julien sale gosse bis...
Piano Lys
Comme le Monogramme de Raushenberg, c’est un aggloméra de mots collés les aux autres, des symboles agglutinés pour former un magma un tout bizarre et unique, des signes, des idées … un totem, pour moi cette chanson, c’est aussi fort que ça.
Soirées parisiennes
Jérôme Romain : exercice de style un peu superficiel, purement descriptif, je ne vais pas plus loin.
SS in Uruguay
Rockkwell , Julien fait le sale gosse? J’aime assez son impertinence !
First lady
je triche!
mais c'est de l'art aussi!
J'aime pas
Gérard Schlosser : un peintre hyperréaliste qui ne travail que sur des détails et des très gros plans… des fragments d’intimité, comme cette chanson qui raconte par instants décomposés, recentrés, grossis, des morceaux de vie à deux.
Los Angeles
J’ai été cherché du côté de David Hockney, c’est west coast, lointain.. étrange et familier… pour moi c’est encore vague.
De mots
« On chante… pour les moches… » c’est plus fort que moi je pense à un saltimbanque, je suis certaine que ce mot ferait sourire Julien, c’est un peu passé, ça date un peu, comme le cirque, un peu lourd et grandiloquent…
CONCERTO POUR MUSIQUE ET PEINTURE
D’emblée, je n’ai pas cherché d’équivalence thématique, juste une parenté d’impressions. Je voulais trouver une peinture qui m’inspirait les mêmes sentiments, le même état d’esprit que l’écoute de la chanson. J’ai donc tenté (pas toujours réussi) de faire abstraction du sens des textes pour ne retenir que des ambiances. Même sous cet angle, il n’est pas évident d’établir ce type de parallélisme. Parfois, je n’ai pas trouvé le pendant exact, parfois la matérialisation m’apparaît évidente. Vous aurez sans doute fait des choix différents, cela promet d’être passionnant.
Acacia
J’ai pensé de suite aux peintures laquées russes que l’on exécute sur de petits coffrets, pour le côté un peu « naïf », doux, simple et raffiné à la fois. Un coffret tout à fait indiqué pour renfermer des fleurs en papier, souvenirs d’amours défuntes.
Les Bords de Mer
Le village des sirènes – Paul Delvaux
La même impression de vastitude, de vide, des tons froids et éteints – omniprésence de la femme – indifférence – désespérance.
Les Limites
Les masques – James Ensor
Aspect à la fois coloré, gai et dérangeant – les limites sont joyeusement outrepassées, les frontières du « bon » goût aussi.
Bouche Pute
Fresque de la Villa des Mystères à Pompéi (détails)
Sensualité, violence des couleurs, tourbillonnement de l’esprit, rites initiatiques mystérieux : pour moi, une évidence.
Les Figures Imposées
La violoniste – Kees Van Dongen
Classicisme, pureté des traits, une certaine élégance et un bleu très doux.
Dans Tes Rêves
Paysage avec papillons – Salvador Dali
Au-delà de la dérision évidente, il y a malgré tout dans la chanson un flottement onirique, l’ingérence d’un monde où les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent être, où l’on ne distingue que difficilement le vrai du faux.
Pudding Morphina
La lunatique – Otto Dix
Plongée dangereuse dans les abysses de la déglingue.
Piano Lys
Narcisse – Michelangelo Merisi da Caravaggio
Je n’ai pas pu m’empêcher, il fallait qu’il soit présent. Même sensation de souffle coupé, même éblouissement, je suis emportée.
Soirées Parisiennes
Numéro 18 – Jackson Pollock
Embrouillaminis, tonitruances soudaines, agressivité, inquiétude – des tâches de couleurs que l’on jette au visage des autres.
J'aime Pas
Jazz-Icare – Henri Matisse
C’est une chanson que je vois bleue sans savoir pourquoi. Une chanson qui met un peu mal à l’aise, qui bascule doucement dans un monde parallèle. Un univers syncopé où le drame rôde.
First Lady
Venus Anadyomène - Tiziano Vecellio dit Titien
Il fallait quelque chose de sensuel, de troublant, de plein, de rond, une image qui donne envie de la caresser.
SS in Uruguay
La risata – Umberto Boccioni
J’ai bien hésité à choisir un Gauguin, mais j’ai préféré un artiste futuriste. Sous l’aspect coloré et gai, il y a beaucoup de noirceur et de violence sous-jacentes et un cynisme qui noie l’impression de légèreté.
Los Angeles
Mélancolie et mystère de la rue – Giorgio de Chirico
Sobriété et dépouillement – couleurs sourdes – pour moi, le même exercice de style qui va à l’essentiel.
De Mots
Danse de mariage - Pieter Bruegel l'ancien
Je le concède, c’était un peu facile, mais l’illustration de la convivialité et de l’esprit festif est vraiment trop tentante pour passer à côté.
Acacia
Quand je pense à Acacia j'ai des oeuvres de l'Art Brut qui me viennent en tête...C'est une chanson très douce qui raconte l'histoire d'un meurtre et d'un enterrement clandestin, quelque chose de très violent soutenu par des accords très tendres, c'ets presque schizophrénique...L'Art Brut m'a toujours fascinée, où sont ses limites, où est le commencement du voyeurisme?
Aloïse Corbaz
Les bords de mer
Pour moi les bords de mer c'est une chanson un peu précieuse, un peu pincée sur la désillusion...je la retrouve dans ce tableau de Monet, où le flou empêche de mettre des lignes trop précises aux événnements, gomme un peu la souffrance...
Bouche Pute
Pornocratès de Félicien Rops, une femme avance les yeux bandés, guidée par un cochon...Les personnages de la chanson Bouche Pute sont à la dérive, guidés par leurs sens parce que c'est la seule chose qui leur reste...
Les figures imposées
Du léger, du très léger...comme un mobile de Calder...
Pudding Morphina
Pour moi, Pudding Morphina dans sa noirceur un peu baroque ressemble à la peinture de Frida, qui a peint sa propre douleur avec une cruauté qui me laisse toujorus sans voix...
Piano Lys
Un OVNI, un truc non identifié, composé de toutes sortes de matériaux, de couleurs, le tout assemblé comme au hasard...et au final ça donne une chose totalement nouvelle et d'une grande sensibilité
Jean Tinguely
Les soirées parisiennes
Les Masques d'Ensor...no comment
First Lady
Chez Dante Gabriel Rossetti, je retrouve cette femme fatale, qui semble assagie mais qui n'attend que l'occasion de retourner à sa vie de passions
Los Angeles
Ambiance mélancolique, crépusculaire...La chanson Los Angeles sent la rupture, les aux revoirs, la fin de quelque chose auquel on voudrait encore s'accrocher
De Mots
Cette ultime chanson pour moi c'est l'antithèse parfaite des Bords de Mer ou des soirées parisiennes...Une vraie fête et des sentiments colorés et spontanés...
Acacia / Boudin
Les bords de mer / Courbet
Les limites / Kandinsky
Bouche pute / Schiele
Figures imposées / Simon Cook
Dans tes rêves / H. I. Savery
Pudding morphina / Magritte
Piano Lys / Petitjean
Soirées parisiennes / Otto Dix
J'aime pas / Petrov-Vodkin
First lady / Soulacroix
SS in Uruguay / Ernst
Los Angeles / Hockney
De mots / McBride 
DECORPORATION
DECORPORATION
Un an à se nourrir de rêve et j’écrivais « Je plonge, et ma raison, et ma liberté, dans la mer infinie de ses yeux. »
Un an à fabuler follement et j’écrivais « J’attends, agenouillée, que vous versiez sur moi votre poussière d’étoiles. »
Un an à boire parfois un spleen amer et j’écrivais
« Fatalement tes yeux bleu clair
Tatouent la passion dans ma chair
Voudront-ils, rien que pour me plaire,
Lancer le regard que j’espère ?
No, you don’t care »
Un an à sombrer corps et biens dans les fantasmes et j’écrivais « Et j’ai des désirs de naufrage dans l’Oceanox Nox de tes yeux. »
Un an à tenter d’être raisonnable … si peu et j’écrivais « Mais je reste invisible pour toi et je sais mon attente vaine, beau regard qui ne me regarde pas.»
Et lorsque, contre toute attente, éventrant ma rationalité, bafouant mon renoncement, rencontrant mes chimères, il a levé sur moi ces yeux à la douceur fatale, je n’ai rien vu. Seule la photo témoigne de cet instant évaporé dans le trou noir du temps. Dans mon souvenir, le néant. Ce regard, je ne l’ai pas croisé. Il m’a traversée comme une vitre fragile. J’étais devenue transparente et je n’habitais plus mon corps. Je ne voyais plus, je n’entendais plus, je n’avais plus de peau.
De loin ou de près, aucun échange avec Julien ne m’est possible. Dès qu’il apparaît, je me dématérialise. Je voudrais retenir cet esprit qui s’échappe de moi comme un fantôme perfide, l’obliger à rester, l’ancrer à ma chair désertée. Non, je deviens soudain un grand blanc inhabité, un désert sensoriel et spirituel. Je n’ai pas fait naufrage dans l’éther bleu qui m’était destiné, mais dans les limbes aveuglants de l’effroyable inconscience
quand les mots ne viennent pas il nous reste les images... |
Une bouche…oui se dire qu’il ne s’agit là que d’une bouche. Un joli zoom certes mais une bouche.
Comme celle ci...
euh..non…un peu plus ouverte et un peu de poils s’il vous plait !
Comme celle là alors…
…euh non pas tout à fait non plus…plus blonds les poils déjà !
... euh nooon ! on avait dit ouverte et plus de poils !!!
oullaaa ! Hé hoo ya ouverte et ouverte ! On s’éloigne là !
Moi je veux du poils, un bouc-moustache et de jolies lèvres légèrement entrouvertes…
Presque ! Très jolies…
Revenons à celles qui nous intéressent…cette douce chair qu’on imagine mainte fois mordillée, humectée, léchouillée, gercée…embrassée. Comme toutes les lèvres du monde me direz vous…
Et vous aurez raison mais…mais il y a un mais…
Lorsque je regarde cette photo je suis comme aspirée…oui je vous l’avoue j’ai envie de les embrasser et de les mordiller à mon tour…
Me frotter et me piquer à la toison environnante. Epouser à la fois nez et barbe au nez et à la barbe d’une certaine LB. Parce que oui elle a de la barbe…enfin ça m’arrange pour ce bon mot pas si bon…
Donc inévitablement, les premières secondes, je suis dépassée par cette envie irrépressible de poser ma bouche tout contre la sienne et de profiter de ce semblant d’ouverture…
Cette bouche n’appelle-t-elle pas au baiser ? Lèvres contre lèvres…
Puis ensuite après quelques secondes…quand les pulsions se calment…une nouvelle idée m’effleure…fermer les yeux et partir à la découverte de ce visage avec mes mains…Tout en douceur…Profiter de ses courbes, ses poils, ses cheveux….élargir le champ de vision qui me semble tout d’un coup étriqué…
Dans le noir, bousculer ces bandes noires qui, sans nous demander notre avis, posent les limites de ce qui nous est offert.
Une fois dans l’obscurité…palper tout doucement ce visage et découvrir les sensations associées…Puis, une fois les lèvres découvertes, me jouer d’elles quelques secondes avec mon index droit…les dessiner, les contourner…
Puis quitter cette bouche et explorer les joues en prenant bien soin de rencontrer les poils en route…Sourire quelques secondes sous la chatouille provoquée et inattendue puisque je m’applique à garder mes yeux fermés.
Puis les cheveux…Verifier qu’il s’agit bel et bien d’une chevelure et non d’une perruque…
Quitter les caresses pour un mouvement un peu plus brutal.
Tic. Lui voler un cheveux…
Et là deux possibilités…
1 : Soit réveil brutal : il me décoche une gifle parce qu’il commence à en avoir marre de la cruche qui lui papouille le visage depuis une demi heure, l’air béat et qui, comble du comble, viens de lui arracher un cheveu
2 : Soit décharge électrique : un doigt vient de se poser sur mes lèvres…
Surtout ne pas ouvrir les yeux ! On ne sait jamais il pourrait s’agir d’un rêve…






































