Créations autour de Julien

Les créations graphiques et littéraires inspirées par Julien

11 janvier 2009

Mon Julien c'est celui dont je pourrais contempler le visage pendant toute une vie sans jamais épuiser son mystère, le mystère profond de son être et de son âme ; celui dont la beauté transcende son identité, celui qui est l'humain dans sa perfection divine et trop humaine à la fois... celui qui ose montrer l'intimité de son visage intemporel...
En le regardant j'oublie l'amertume, l'impossibilité de croire qu'il y a quelque chose de bon en l'Homme... je reprends un peu espoir, je me dis que peut-être il existe des êtres pour qui il vaut le coup de vivre... cet être-là m'empêche de perdre pied, de sombrer. Ce Julien-là c'est juste la petite lumière au bout du tunnel.

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Sous la peau




(les dessins sont d'Arman Méliès dans son livre Un beau siècle de légendes)

Sous la peau

Ça sent un peu la poussière, la vieille peau de bête roulée dans un coin depuis des années. Où est-ce que tu as pu récupérer ça ? Tu as trouvé ça doux, ça allait bien avec le renard et le lièvre. Ça peut faire un tapis sur scène… ou descente de couchette dans le bus… est-ce que tu le traînes un peu partout, comme ça, aux répèts ?
Arman fait ses balances. Par terre sous la peau, sur le parquet qui accueillera tout à l’heure les premiers rangs du public, tu t’isoles. Tu te recueilles. Ça sent un peu la poussière, aussi. Ton jean va être sale, tu t’en fous. La peau assourdit les notes ondulantes d’Arman, les voix des techniciens qui règlent le son. Tu flottes dans cette semi-conscience où on a l’impression que les autres ne peuvent plus nous voir, tout en étant pleinement avec eux. Tu savoures leur présence à tous, ceux qui t’accompagnent, qui te portent et supportent ton humeur, qui sont simplement là pour vivre tout ça avec toi. Tu te sens entouré, tenu, au chaud comme dans le ventre d’une femme.
Et je voudrais être juste… un grain dans cette odeur de poussière, une pensée fugitive… pour me glisser dans la chaleur de ton haleine emprisonnée sous cette peau… contre ta joue, effleurer tes cils… trouver le fil de ton rêve et l’enrouler autour de mon cou… et m’endormir au chaud… sous ta peau.

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01 octobre 2008




Ta beauté mon ardeur

De mon sang la chaleur

Mes forces puisées dans ton visage, la rage aussi, celle de ne pouvoir que t'effleurer.

Ta beauté mon serpent

Kâa hypnotisant

Je ne peux détacher mon regard de toi, mais pourquoi ? Quoi de plus, quoi de moins,

quelle secrète fêlure sous cette perfection m'arrête et m'enclôt ?

Ta beauté ma douleur

Renard qui me dévore

Ce vide sous mes dents, lancinant, ce désir obsédant.

Ta beauté ma déesse

Adoration païenne

Seul le blasphème semble approcher la possibilité de te décrire,

de t'embrasser du regard et du corps, de l'âme ?

Ta beauté mes questions

Pour ton inattention

Les miroirs sont-ils pour toi une fascination ou bien une prison ?

Peux-tu être ton propre idéal ? Qui de nous te renverra ton trouble et étrange double ?

Ta beauté toute ma vie

Anéantissement de ma quête

Quand « l'inacessible étoile » atteinte se dérobe pour mieux se donner,

s'offre pour mieux s'échapper... finalement vaincue...


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parce que quoi que tu fasses tu n'es jamais vulgaire, je ne sais pas comment tu fais
parce que ton élégance naturelle, ta grâce, fait d'un geste même trivial (surtout trivial) un appel à aller « bien au-delà »
parce que le geste est cru et que j'y suis sensible
parce que tes ongles rongés d'adolescent tourmenté et la forme enfantine de ta main
parce que justement c'est elle que j'ai envie d'embrasser
parce que tu n’as besoin de personne et que je crève du besoin de toi autre moi-même projeté sur ton image construite pour toi-même sans besoin d’un autre spectateur et pourtant tributaire de moi que tu ignores superbement et c’est pourquoi je meurs d’envie de toi, toi, toi
parce que tout ça

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04 août 2008


Sang
envoyé par mariesondetre


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11 juillet 2008

Ad lib(erté)

Le mot « piste », polysémique, employé par Julien pour parler d'Ersatz. Les pistes musicales d'Ersatz, diverses, sont dessinées comme différentes pistes à suivre, à la poursuite des animaux de la pochette peut-être, des pistes qui peuvent nous entraîner très loin...
Quand je pense à un voyage avec Julien, comme une métaphore de ce parcours d'une année, je ne sais jamais définir si je suis à ses côtés, devant ou derrière lui.
Julien mon moteur... moteur de changement, de transformation, déclencheur de métamorphose intérieure. « Les études aux Beaux-Arts sont très nourrissantes parce que tu as l'impression de voir comme tu n'as jamais vu, de comprendre et toucher comme jamais avant. » En lisant cette phrase, j'ai cru qu'il décrivait ce qu'il avait provoqué chez moi, un total changement de perpective, l'impression d'un voile qui s'écarte, d'oeillères qui tombent. Julien a ouvert les portes de ma perception, d'habitude on dit cela des drogues, mais visiblement pour lui ç'a été l'art, pour moi ç'a été lui. Au bac philo cette année, il y a eu ce sujet : « la perception peut-elle s'éduquer ? » Je suppose que oui, que la perception peut s'éduquer et même se manipuler, mais je pense aussi qu'elle peut se donner, comme un cadeau que l'on reçoit un jour où on ne s'y attend pas.
J'ai placé Julien sur un piédestal, j'en suis consciente et même si on peut me le reprocher ou s'en moquer, ça m'est égal. Le fait qu'il soit au-dessus de tout pour moi me le rend d'autant plus touchant lorsqu'il dévoile une faiblesse dans laquelle je me reconnais, ou sa jeunesse fragile. « ... j'avais le même âge que ces potes mais j'avais l'impression qu'ils étaient plus grands que moi. Comme si j'étais sous eux. J'ai d'ailleurs toujours l'impression d'être plus jeune que je ne suis. » Julien se sent plus – trop – jeune, pourtant il m'a transmis une expérience et une sagesse inespérées. Je me sens – trop – jeune et pourtant parfois si vieille devant certaines de ses réflexions... « du coup je me dis que des trucs plus noirs ne peuvent pas manquer d'arriver. C'est pour ça que j'ai très peur quand on me demande comment je me vois dans un an. » Cette peur superstitieuse qu'on a au moment où des rêves se réalisent, il l'a toujours. Ses rêves ne sont pas éteints, ils ne sont pas tous réalisés, il attend encore tellement de choses de la vie... je crois que cette attente, cet espoir dans l'avenir nous enchaîne, nous empêche de nous apercevoir des bonheurs inattendus qui peuvent survenir.
Il rêve à quelque chose de défini, il avance vers un but à atteindre, et puis il a peur de perdre ce qu'il a déjà obtenu. Je goûte prudemment à la liberté intérieure que laissent les rêves brisés ou déçus après avoir été balayés. Je n'attends plus rien que je puisse décrire, et sans doute est-ce grâce à cette liberté-là que je l'ai rencontré, lui. Voilà ce qui me place en avant sur la piste, à l'endroit où une partie de la peur a été abandonnée, dans la douleur.
Et parfois je me rassure en retrouvant des sentiments échappés et lointains... et je peux écrire des mots ridicules et dérisoires...
Julien mon amour
Je veux te dire les mots interdits
Ce soir je t'aime à en pleurer
comme on aime quand c'est impossible
avec bassesse et grandeur d'âme
Mes larmes sur ton corps
se foutent de ton étanchéité.

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09 juin 2008

L'art, la vie ou le travail de la matière

L'art, la vie
ou
Le travail de la matière


Pomme avait essayé de décrypter l'oeuvre présentée par Julien en se demandant s'il avait fait de lui-même un ready-made. (http://autourdejulien.canalblog.com/archives/2008/01/07/7474505.html)
Lorsque je relis ce texte écrit il y a pas mal de mois maintenant, je trouve qu'il est complètement pertinent et même que tout ce qui s'est passé depuis le corrobore. Pomme a fait des études d'art, moi de littérature, et si j'essaie de dire les choses autrement, je crois que j'arrive au même résultat...

J'aime lire, j'aime les histoires, j'aime surtout les idées et les mots par lesquels on peut les retranscrire, arriver à dire ce qui se passe dans un cerveau humain.
Mais par-dessus tout, ce qui m'intéresse c'est : comment dire une vie ? Dire la complexité, la totalité, l'unité et l'essence d'une personne. Je savais que c'était possible – presque – de le faire en mots, en livres, j'apprends avec Julien que c'est possible aussi d'une autre manière.
J'aime beaucoup de livres, mais il y a peu d'auteurs qui m'ont donné envie de les suivre, de me plonger dans l'intégralité de leur oeuvre prise comme un tout. Il y en a deux en fait, un homme et une femme : Martin Winckler et Benoîte Groult.

Dans les différents livres de Winckler, dans les différents livres de Groult, on retrouve toujours non pas une même trame, mais une même matière. Des anecdotes, des items psychologiques, des scènes qui reviennent, agencés, mis en forme autrement, mais toujours les mêmes. Certains diront que ce sont des auteurs qui se répètent, qui n'ont pas grand-chose à dire, mais pour moi c'est le contraire. Ils tirent sur le fil de leur vie pour savoir ce qu'il y a au bout, percer le mystère d'une destinée qui est la leur et pourtant étrangère. Alors ils travaillent la matière de leur vie, leur propre vie, pas celle de personnages inventés, jusqu'à en faire une oeuvre, quelque chose qu'ils auront eux-mêmes décidé et pas seulement vécu, mais créé.

Un ready-made, dans ce que je comprends de ce concept, c'est un objet « tout-fait » qui, une fois informé comme une oeuvre d'art, va vivre sa vie propre, en-dehors de l'artiste. Dans un ready-made, surtout comme celui de Duchamp, le premier, l'urinoir, l'artiste ne travaille que du concept, des idées, il ne se bat pas avec de la peinture, du marbre ou de l'argile.

Ce que je ressens de ce que fait Julien se situe entre les deux.

Il prend la matière de sa vie, la trame et la pulpe de ses pensées. Cela j'en suis sûre, sa façon d'écrire les paroles des morceaux qu'il nous livre, ça ne ment pas. Il projette ce qu'il ne voudrait pas livrer dans l'artistique, comme si c'était un ready-made en effet. Sauf que ce n'est pas un objet qu'il emploie, ce n'est pas un urinoir mais la matière de sa vie. Alors comment permettre à ce matériau de partir vivre sa vie autonome d'oeuvre d'art sans le perdre (perdre sa vie) ?

Alors il le fait lui aussi, il tire le fil, il tisse la trame du biographique et de l'artistique, il entremêle... il enlace. Mais pourquoi ça me touche autant que ça ? Winckler évoque pour moi quelque chose comme ma famille, il touche à mes ancêtres, c'est lointain et aveuglant. Groult, c'est la féminité, une aide et une vieille douleur.

Mais Julien... le problème, c'est que ça se construit en même temps. Comme si je lisais un livre au fur et à mesure que l'auteur l'écrivait, et comme si j'en étais un personnage aussi. Comme s'il m'inventait moi-même en même temps qu'il s'invente ? Je suis fascinée, j'ai peur aussi, de ce qu'il révèle de lui, parce que c'est en moi. J'ai peur de me tromper et d'aboutir à l'impasse habituelle, l'impossibilité de comprendre, com-prendre, incorporer, la vie d'un autre, le mystère d'un autre. J'ai peur que ce soit possible, et que l'abîme intérieur soit le même, le sien pour lui, le mien pour moi. L'abîme de l'incompréhensible, des deux côtés. J'imagine que c'est pour cette même raison qu'il agit, qu'il chante, au lieu de se taire comme tout le monde.

Finalement Julien n'est pas plus différent que les autres, pas moins unique non plus. Il travaille, parce qu'il faut bien faire quelque chose ; il prend la matière de sa vie, parce qu'on n'a que ça. On n'a que ça.

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ndlr : les passages en italique sont des pensées.



Moi : Pousse-toi, c'est ma place !
[plantée devant le fauteuil, pieds nus sur le tapis de coton avec ma longue jupe de gitane]
Lui : Hein ?
[me regarde d'en bas l'air éberlué]
Moi : C'est ma place j'te dis ! Dégage !
[avec un sourire malicieux]
Tu veux bien jouer avec moi ?
Lui : Bon, bon, OK, je cherche pas la bagarre moi...
[se lève et me cède la place]
Tu veux jouer c'est ça ?
Moi [magnanime] : Si tu veux, je t'autorise à t'asseoir sur le repose-pied.
Surtout ne pars pas trop loin, on commence juste...
Lui [s'assoit de profil, faussement indifférent]
Alors, c'est quoi le jeu ?
Moi [prends un bouquin dans la bibliothèque et le feuillette ostensiblement]
Lui [se ronge les ongles consciencieusement]
Moi [pose un pied sur son siège, puis l'autre en croisant les chevilles]
C'que t'es beau avec ta petite veste... je crois que je préfère que tu mènes le jeu...
Lui [regarde passer une mouche]
Moi [avance un peu les fesses dans le fauteuil pour pouvoir appuyer la tête sur le dossier, mes talons appuient contre sa hanche]
Lui [jette un regard en coin sur mon tatouage]
Si je comprends bien, j'ai les blancs... à moi de commencer.
Moi [ne lis pas une ligne de mon livre... et ne sursaute pas lorsqu'il pose sa main sur ma cheville]
Lui [remonte doucement sa main chaude le long de mon pied]
Si tu frissonnes, tu as perdu cette manche...
Moi [ferme les yeux]
Si tu me masses le dessous du pied je dis pouce...
Lui [passe sa main sous mes talons, les soulève et les pose entre ses cuisses en se tournant vers moi]
Un massage pieds-orteils-chevilles, ça te fera rendre les armes peut-être ?
Moi [espère – ou pas – qu'il va remonter sous ma jupe]
Tant que tu n'entends pas mon coeur battre, ça vaut pas !
Lui [se penche, mes pieds sont contre son ventre... je sens sa respiration plus rapide]
Moi [ouvre les yeux...] : T'as perdu !
Lui [en même temps] : J'ai gagné !
[se lève à demi et se penche au-dessus de moi... après... je ne sais plus]

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08 juin 2008




Rattraper my sick brain perdu, remettre de l’ordre… comprendre ou se laisser porter toujours, comme Ophélie au long de l’onde… manipulée, façonnée, entraînée, informée, submergée, perdue… et pas de main tendue… alors je me raccroche à cette voix qui enrobe et enveloppe. Raconte-moi nous, ce qui nous lie (lit).
En un, l’image, des gestes sur l’écran, des cris. C’était le début, le choc de la rencontre. Eblouissement.
En deux, d’autres rencontres, une médiation, recevoir la peau, la sueur, les regards, par d’autres yeux, d’autres objectifs. Passion.
En trois, te toucher. Petite mort.
En quatre, te revoir, te parler, entouré, entourée. L’amour.
En cinq, derrière un rideau tu t’éclipses, tu t’enterres, pour moi créer jusqu’au sang. Créer ensemble, maintenant que j’y pense.
En six, un coup de pied dans le ventre sur tapis rouge… réveil amer.
En sept, ce chaos des sentiments.
Qu’est-ce qu’on chante ?
Je ne t’aime plus mon amour ? dans ce cas, pour être incorrecte grammaticalement, il n’y a plus qu’à répondre moi aussi…
La fécondité est dans l'absence, ta présence me pèse, je te trouve dans la brume et te perds dans la lumière.
Laisse-toi me bercer par ta musique faite de la chair que tu ne te connais même pas, va-t-en, laisse-moi seule avec toi. Je ne veux pas te savoir.

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22 avril 2008

Incarnata




Incarnata

Lorsque la lumière se glisse sous une peau
Les têtes se tournent, les yeux se plissent
Les venins suintent au bout des canines
Des vampires parisiens

Mais quand contre toi je m’endors
J’étends doucement un voile d’or
Qui te protège

Lorsque l’enfance s’incarne dans un visage
Les désirs frelatés tendent leurs mains griffues
Voulant oublier un instant l’aigreur
De leurs vies corrompues

Mais cette nuit d’été je songe
Pour m’endormir entre tes bras
Sur la mousse

Lorsque les rayons d’un sourire
Ont l’impudeur d’illuminer la nuit
Toutes les laideurs entament leur danse macabre
L’envie, la jalousie
La souillure et l’injure
Se grimant du masque séducteur
De l’argent et des honneurs…


Mais sous les fleurs blanches du pommier
Contre ma peau viens te coucher
Je suis là

Posté par lorelei azur à 23:48 - Mariesondetre - Commentaires [0] - Permalien [#]
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