24 janvier 2008
Mais qu’est-ce que je lui trouve ?
Souvent je me demande... pourquoi toi ?
Et puis il y a des photos comme ça où c’est comme une évidence...
J’aime tes mèches rebelles dans lesquelles j’ai envie d’entortiller mes doigts..
J’aime les sillons de ton front que je voudrais effacer d’un souffle..
J’aime l’attendrissant reflet de ton nez rosi..
J’aime la profondeur et la sincérité de tes cernes creusés..
J’aime ta barbe naissante contre laquelle je rêve de râper ma joue..
J’aime guetter les orages et les tempêtes dans l’océan de ton regard..
J’aime le mystère de ta bouche entrouverte, tes lèvres brillantes comme une invitation..
J’aime la ligne troublante de ton cou gracile, et l’émouvante amorce de ton décolleté
... sur lequel mes lèvres brûlent de dévaler.
Deviner sur tes traits tes doutes et tes folies
Te gronder tendrement pour tes minauderies
Ecouter ton rire illuminer mes nuits
Et partager tes rêveries...
07 janvier 2008
Le télésiège-Deuxième version
"On se rejoint en haut. On t’attend au resto d’altitude. A tout’ ! "
Je relis mon sms en secouant la tête, fourre mon portable au fond de la poche de mon anorak, et avance de deux pas dans la file d’attente du télésiège en bougonnant.
Génial... Comme s’ils ne pouvaient pas m’attendre en bas.. Déjà hier ils m’ont lâchement abandonnée à la soirée vin chaud alors que je tentais une démo de tecktonik sur le bar. Et là ils partent sur les pistes sans moi, sous prétexte qu’il est déjà 14h du mat’, pff et après on appelle ça des amis...
Pour couronner le tout il fait moins quinze, j’ai le nez qui coule, le bonnet qui me gratte, les blocs de béton qui me servent de chaussures me font mal aux pieds, et NON je n’ai pas la gueule de bois ! Et puis j’approche du départ du télésiège et ça m’angoisse, déjà les remontées mécaniques ça fait peur, mais en plus je déteste le prendre toute seule, je suis sûre de tomber sur un boulet qui a le vertige et qui va me vomir dessus, ou sur un pseudo-skieur professionnel qui va faire son malin en me matant derrière ses lunettes de soleil...
Voilà, c’est mon tour... je m’avance maladroitement sur la neige verglacée et me place devant le siège avec un air de brebis qu’on mène à l’abattoir... Le responsable du télésiège s’énerve un peu derrière moi :
« Dépêchez vous monsieur, mettez-vous avec la demoiselle ! »
La demoiselle, non mais tu sais ce qu’elle te dit la demoiselle ? Il peut pas me laisser en tête à tête avec moi-même ? Je glisse un regard peu engageant vers l’importun qui a l’air encore plus empoté que moi... C’est marrant ce bonnet monstrueux ressemble à... OH MON..
CLAC, le télésiège vient de nous faucher sous les genoux et de nous emporter vers les cimes, j’ai failli plonger la tête la première, mais je me rattrape tant bien que mal, pendant que Julien – parce que c’est bien lui- baisse la barre en se calant comme il peut...
... MON DIEUUUUUUUUUUUUUUUUU ! Non mais c’est pas possible.. J’hyperventile, je tachycarde, je tremble, j’ai de la fumée qui me sort des oreilles, bref je me sens mal ! Lalalalala quand je vais raconter ça aux sauterelles... Enfin pour ça il faudrait que je survive au voyage... c’est loin d’être gagné ! Mais qu’est-ce que je fais ? Je vais quand même pas lui demander de me dédicacer une moufle ? Ou je fais comme si je ne l’avais pas reconnu ? Sinon, je peux à tout moment glisser discrètement de mon siège et me jeter dans les sapins, c’est bien ça non ? En attendant, pour éviter de le dévisager, je garde les mains crispées sur la barre et je regarde droit devant moi, les yeux écarquillées, tout ce qu’il y a de plus naturel... Mais cela ne m’empêche pas de sentir sa cuisse contre la mienne...SA CUISSE CONTRE LA MIENNE ??? ce que ça donne chaud ces combinaisons de ski quand même, il faut être fou pour porter des choses pareilles... jambe en feu à tribord, au secours !! C’est obligé, il doit le sentir.. et entendre mon cœur qui bat... et mon nez qui renifle ! Il me faut absolument un mouchoir. Mais je n’ose pas bouger. Comment faire ?
-Euh... ça va aller ?
Aaaah sa voix, là ça va plus être possible je vais exploser sous peu. Je dois vraiment avoir l’air pitoyable pour qu’il ait l’air inquiet comme ça. Je tourne doucement la tête. Ses yeux. je n’avais pas encore vu ses yeux. Légèrement moqueurs. Mais vraiment envoûtants. J’ai officiellement les joues en feu. Et la bouche sèche. Impossible de sortir un mot.
-Ca va ? insiste-t-il en posant sa main sur mon bras. SA MAIN SUR MON BRAS ??? Il faut vraiment que je dise quelque chose.
- Uuuii uuii. Juste.. un peu.. vertiiige.
Sympa la voix suraiguë et le chat dans la gorge. Je suis au top de la sexy attitude là. Au point où j’en suis, je sors mon mouchoir de ma poche et m’essuie le nez le plus délicatement possible. Je jette un coup d’œil en coin à Julien. Il me sourit. J’en fais tomber mon mouchoir qui s’envole en tourbillonnant au milieu des flocons, et je suis à deux doigts de le suivre. Nos regards se croisent une nouvelle fois, cette fois j’ose m’attarder un peu, son nez tout rouge, le dessin parfait de ses lèvres pâles.. et je réprime un petit rire. J’ai l’impression d’avoir bu 5 vins chauds d’affilée. Et comme s’il lisait dans mes pensées :
- Dis-moi, tu n’étais pas à la soirée vin chaud hier ?
Je reste la bouche ouverte à le regarder bêtement. Là c’était trop demander à mon pauvre cerveau déjà bien attaqué, mais la petite voix aiguë fait son grand retour :
-Tétélà ?
Il rit. Ah ce rire, comme une cascade de chocolat chaud...
- Je suis juste passé. Tu danses très bien d’ailleurs, ajoute-t-il avec un petit sourire en coin. Et une flamme étrange dans les yeux...
Je souris aussi. Je suis un brasier humain. Mais c’est bizarre, je me sens bien. En fait, je flotte... Tiens il a remis sa main sur mon bras. Je risque de me mettre à rire comme une démente incessamment sous peu. Il faut que je me donne contenance. Tiens je vais envoyer un message à Jen pour qu’elle dise aux sauterelles où je suis. Enfin AVEC QUI je suis. Je souris en pensant à l’ébullition chez les raclures. Elles vont imaginer des trucs pas possibles. Je ricane en cherchant mon portable dans ma poche. Il se tourne vers moi, le sourcil interrogateur, l’air faussement sérieux :
- Tu te sens bien ? T’as pas décuvé ?
Non mais oh, faudrait quand même pas exagérer, je veux bien être gentille mais on se fout pas de la gueule des gens gratuitement comme ça ! Je réfléchis à une réplique cinglante, mais comme toujours dans ces cas-là, rien ne vient, le vide intersidéral. Alors je me drape dans un silence indigné et je lui tourne le dos tant bien que mal en me tortillant sur le siège. Ouh là, voilà qu’on se met à se balancer.. Et en plus Monsieur passe son bras autour de mon épaule... QUOI ? JULIEN DORE PASSE SON BRAS AUTOUR DE MON EPAULE ?? Je retourne la tête d’un air crédule. Son visage est à 10 cm du mien.
- Toujours le vertige ?
Ses yeux bleus plongent dans les miens à la recherche d’un signe, d’une approbation...Les nuages de brume gelée qui sortent de nos bouches se mélangent... Je sens son souffle qui s’accélère...
Et il éclate de rire ! Je sursaute, mais qu’est-ce qui lui prend ?!
Il m’attrape la main les yeux pétillants :
-Regarde : on a loupé notre arrêt !
En effet, nous venons d’entamer la descente. Je suis délicieusement prisonnière. Je papillonne en baissant les yeux, le cœur battant la chamade :
-Et maintenant, on fait quoi ?
Il sourit d’un drôle d’air :
-On reprend là où on en était ?
Nos lèvres se cherchent timidement d’abord, s’effleurent, puis se goûtent plus longuement, plus intensément, plus profondément... Il est légèrement penché sur moi, et nos skis s’entrechoquent et s’emmêlent sur le repose pieds. J’enlève maladroitement mes gants pour pouvoir effleurer la peau diaphane de ses joues légèrement rosies. Il les attrape d’un geste espiègle et les jette en contrebas avec un sourire narquois. Ah il veut jouer à ça ? J’attrape son horrible bonnet d’une main vengeresse, je le tend au-dessus du vide et, malgré son air outré, je le lâche en lançant « toute la communauté des crazys me remerciera pour ce geste » !
- Ah je savais bien que je t’avais déjà vue quelque part, t’es une crazy !
Mon rire se fige d’un coup et je vire au violacé.
-Que... quoi ?
Il descend lentement la fermeture éclair de mon anorak.
- Je crois même que tu es une sauterelle...
Je frissonne sous les caresses de ses mains tièdes qui tâtonnent sous mon pull. Je glisse avec délice mes doigts dans sa crinière dorée.. C’est encore plus doux que je ne l’imaginais. J’oublie tout sous ses baisers, la morsure du froid, la neige tourbillonnante qui nous enveloppe dans un cocon ouaté, il n’y a plus que nous...
Mais déjà, les lumières de la station nous ramènent à la réalité ?Dans un état second nous nous retrouvons les pieds dans la poudreuse, et nous nous échappons tant bien que mal, agités d’un fou rire, sous le regard ébahi des gens qui nous voient débarquer avec une moufle et trois skis pour deux. Je m’arrête pour le regarder : Les flocons accrochés dans ses mèches emmêlées lui font comme une auréole de diamants et ses yeux brillent plus que jamais.. Alors, je ne sais pas ce qui me prend, j’ai sans doute lu trop d’histoires conceptuelles, mais je me jette sur lui et nous nous affalons tous les deux dans un talus de neige. Nous restons un moment serrés l’un contre l’autre, bouches et jambes mêlées, le souffle court.
Puis il se relève et s’ébroue comme un jeune chien, me tend la main et me plaque contre lui en me murmurant au creux de l’oreille :
- Dis-moi Nouch, tu as déjà essayé les œufs téléphériques ? c’est beaucoup plus confortable que les télésièges...
Les pensées se bousculent dans ma tête... Mon Dieu il connaît mon nom. Mais surtout qu’est-ce qu’il peut bien vouloir faire dans un œuf ???!!!
(à suivre)
Télésiège-Première version
"On se rejoint en haut. On t’attend au resto d’altitude. A tout’ ! "
Je relis mon sms en secouant la tête, fourre mon portable au fond de la poche de mon anorak, et avance de deux pas dans la file d’attente du télésiège en bougonnant.
Génial... Comme s’ils ne pouvaient pas m’attendre en bas.. Déjà hier ils m’ont lâchement abandonnée à la soirée vin chaud alors que je tentais une démo de tecktonik sur le bar. Et là ils partent sur les pistes sans moi, sous prétexte qu’il est déjà 14h du mat’, pff et après on appelle ça des amis...
Pour couronner le tout il fait moins quinze, j’ai le nez qui coule, le bonnet qui me gratte, les blocs de béton qui me servent de chaussures me font mal aux pieds, et NON je n’ai pas la gueule de bois ! Et puis j’approche du départ du télésiège et ça m’angoisse, déjà les remontées mécaniques ça fait peur, mais en plus je déteste le prendre toute seule, je suis sûre de tomber sur un boulet qui a le vertige et qui va me vomir dessus, ou sur un pseudo-skieur professionnel qui va faire son malin en me matant derrière ses lunettes de soleil...
Voilà, c’est mon tour... je m’avance maladroitement sur la neige verglacée et me place devant le siège avec un air de brebis qu’on mène à l’abattoir... Le responsable du télésiège s’énerve un peu derrière moi :
« Dépêchez vous monsieur, mettez-vous avec la demoiselle ! »
La demoiselle, non mais tu sais ce qu’elle te dit la demoiselle ? Il peut pas me laisser en tête à tête avec moi-même ? Je glisse un regard peu engageant vers l’importun qui a l’air encore plus empoté que moi... C’est marrant ce bonnet monstrueux ressemble à... OH MON..
CLAC, le télésiège vient de nous faucher sous les genoux et de nous emporter vers les cimes, j’ai failli plonger la tête la première, mais je me rattrape tant bien que mal, pendant que Julien – parce que c’est bien lui- baisse la barre en se calant comme il peut...
... MON DIEUUUUUUUUUUUUUUUUU ! Non mais c’est pas possible.. J’hyperventile, je tachycarde, je tremble, j’ai de la fumée qui me sort des oreilles, bref je me sens mal ! Lalalalala quand je vais raconter ça aux sauterelles... Enfin pour ça il faudrait que je survive au voyage... c’est loin d’être gagné ! Mais qu’est-ce que je fais ? Je vais quand même pas lui demander de me dédicacer une moufle ? Ou je fais comme si je ne l’avais pas reconnu ? Sinon, je peux à tout moment glisser discrètement de mon siège et me jeter dans les sapins, c’est bien ça non ? En attendant, pour éviter de le dévisager, je garde les mains crispées sur la barre et je regarde droit devant moi, les yeux écarquillées, tout ce qu’il y a de plus naturel... Mais cela ne m’empêche pas de sentir sa cuisse contre la mienne...SA CUISSE CONTRE LA MIENNE ??? ce que ça donne chaud ces combinaisons de ski quand même, il faut être fou pour porter des choses pareilles... jambe en feu à tribord, au secours !! C’est obligé, il doit le sentir.. et entendre mon cœur qui bat... et mon nez qui renifle ! Il me faut absolument un mouchoir. Mais je n’ose pas bouger. Comment faire ?
-Euh... ça va aller ?
Aaaah sa voix, là ça va plus être possible je vais exploser sous peu. Je dois vraiment avoir l’air pitoyable pour qu’il ait l’air inquiet comme ça. Je tourne doucement la tête. Ses yeux. je n’avais pas encore vu ses yeux. Légèrement moqueurs. Mais vraiment envoûtants. J’ai officiellement les joues en feu. Et la bouche sèche. Impossible de sortir un mot.
-Ca va ? insiste-t-il en posant sa main sur mon bras. SA MAIN SUR MON BRAS ??? Il faut vraiment que je dise quelque chose.
- Uuuii uuii. Juste.. un peu.. vertiiige.
Sympa la voix suraiguë et le chat dans la gorge. Je suis au top de la sexy attitude là. Au point où j’en suis, je sors mon mouchoir de ma poche et m’essuie le nez le plus délicatement possible. Je jette un coup d’œil en coin à Julien. Il me sourit. J’en fais tomber mon mouchoir qui s’envole en tourbillonnant au milieu des flocons, et je suis à deux doigts de le suivre. Nos regards se croisent une nouvelle fois, cette fois j’ose m’attarder un peu, son nez tout rouge, le dessin parfait de ses lèvres pâles.. et je réprime un petit rire. J’ai l’impression d’avoir bu 5 vins chauds d’affilée. Et comme s’il lisait dans mes pensées :
- Dis-moi, tu n’étais pas à la soirée vin chaud hier ?
Je reste la bouche ouverte à le regarder bêtement. Là c’était trop demander à mon pauvre cerveau déjà bien attaqué, mais la petite voix aiguë fait son grand retour :
-Tétélà ?
Il rit. Ah ce rire, comme une cascade de chocolat chaud...
- Je suis juste passé. Tu danses très bien d’ailleurs, ajoute-t-il avec un petit sourire en coin.
Je souris aussi. Je suis un brasier humain.
-Euh.. on arrive là, tu descends pas ?
Un peu plus et je redescendais par le même chemin. Je me jette en avant et cette fois je n’y coupe pas, je me retrouve le nez dans la neige. Tiens ça fait du bien c’est froid. Une main se tend pour m’aider à me relever, je redresse la tête, les sourcils tout gelés, le bonnet de travers, et je m’agrippe quelques instants à son regard d’azur. Tiens ça fait du bien c’est chaud. Il serre mes doigts l’espace de quelques instants. Un ange passe.
Je bredouille en montrant le resto du doigt :
-Je vais par là.
Il lâche ma main et se dirige d’un pas pataud vers le départ de la piste. Puis il se retourne me fait un vague signe un peu ridicule en criant « A une prochaine ! ».
Deux minutes plus tard, je retrouve mes amis, tout étonnés de voir mon sourire niais à la place de la tête d’outre-tombe à laquelle ils s’attendaient :
- Encore la tête dans le brouillard ?
- Non, la tête dans les étoiles...
