Créations autour de Julien

Les créations graphiques et littéraires inspirées par Julien

11 janvier 2009

Je suppose que vous aurez eu autant de peine que moi à décider...Finalement, après beaucoup d'hésitations, je suis revenue à ça, ce moment là...C'est vrai que ça date un peu mais je crois que ça représente pas mal le sentiment que j'ai quand j'élague tout l'inutile...

Dans l'émission "Hep Taxi":

"Vous ne finirez pas chanteur alors?"

"Je finirai mort..."


Depuis le début je suis sensible chez lui à cette mélancolie qui affleure par moment. Plus le temps passe et plus la perception que j'ai de lui me semble floue, un peu comme les traits d'une photo perdent leur netteté à mesure qu'on l'agrandit. Alors parfois j'oublie.

Et puis ça me revient en pleine force dans la gueule. Y a cette menace latente qui plane sur nos têtes, le néant qui nous poursuit, sous nos pas déjà, la terre qui s'effrite et qui disparait dans le noir. Cette angoisse-là, je la ressens chez lui par intermittence.

Et si, vraiment, j'aime toujours aussi passionnément Julien, c'est parce que j'ai le sentiment qu'à sa manière il lutte contre l'absurdité et le vide des jours. Avec toute sa beauté, l'érotisme trouble qui émane de lui, la transe sur scène, la dérision et les pirouettes toujorus. C'est un combat perdu d'avance évidemment, la Mort nous talonne et finira par nous rattraper. C'est "le chevalier sans cause" et ça, c'est beau à pleurer.

"Touchez moi, caressez moi, aimez moi, parce que tous nous finirons morts et si nous n'avons pas assez joui, à quoi bon?"

Alors oui, je te touche, je te caresse, je t'aime et je jouis avec toi Julien...

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Quand tu mimes le Désir

J'aime à la folie

cette intelligence crue:

Reconnaitre que

Bien plus souvent qu'on ne croit,

Il ne dépend pas de la forme mais du fond des choses


Et que les frontières

ne sont pas des murailles

mais d'incertaines lignes à la craie

qu'on enjambe en tremblant


Les frontières

sont troubles,

Si troubles...

Posté par lorelei azur à 23:42 - Pomme - Commentaires [0] - Permalien [#]

12 novembre 2008


niort2

Ce que j'aime sur cette photo, c'ets qu'il ne fait pas semblant. A l'image de ce qu'il vient offrir sur scène, Julien est un artiste qui se donne. Sans pudeur. La réaction instantanée qu'il suscite chez moi est donc forcément à l'image de ce geste: brutal et cru, d'une intimité dérangeante et fascinante...Une violence étrange qui vous cueille par surprise, au moment même où on croyait avoir tout vu.
Son visage est déformé, son expression sans équivoque.
Sa bouche pute, sale jusqu'à la rage.
J'y vois une forme de régression, une petite transgression aussi. Mais pas de provocation, parce que je pense qu'il le fait pour lui et pour ceux qui comprendront.

Alors que veux tu me dire?

Que l'ivresse monte, à mesure que les minutes s'avancent?

Que tu as dans la tête des images que tu ne peux pas dire mais qu'il faut qu'elles sortent d'une manière ou d'une autre?

Que tu es en train de t'arracher la peau et de ma la montrer à l'envers, que tu m'éclabousses de toi?

Que tu voudrais m'emplir toute entière, me posséder, les posséder tous, t'éparpiller, t'étaler, te déchirer, te partager, te faire mal jusqu'à ce que ça fasse du bien?

Que tu exiges qu'on t'avales, les frontières abolies, les corps enfin évaporés, vibrer d'un même frisson, jouir ensemble d'un même spasme?

Est ce une promesse?


Je suis troublée.

Julien m'a fait sortir de moi à Bruxelles.

On dirait qu'il sait, qu'il le cherche, qu'il pleure pour y arriver.

Son corps sur scène (Prenez et mangez en tous)

perdu et éclatant, éclairé par l'intérieur par sa propre incandescence.

Son corps est un vaisseau.

Largues les amarres.

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05 novembre 2008

A quoi je pense?

A quoi je pense?

Adossée à la scène, le coeur encore emballé, les lumières rallumées, la foule qui reflue, le rendez vous d'un soir terminé...


Je pense à mes quinze ans qui n'auront pas été aussi forts...

Je pense à mes trente ans que je ne crains plus de voir venir...

Je pense aux illusions d'avant, aux images sur un écran qu'on croit être seule à aimer...et aux centaines de personnes qui étaient venues ce soir là.

Je pense à l'attente, dérisoire petite épreuve...Je délire à l'idée qu'une autre fois peut être je devrais venir à pied...

Je pense que j'ai chaviré, enlacée dans ses boucles qui s'enroulent, noyée dans sa spirale intérieure, les yeux ouverts, les yeux fermés...Agrippée au rebord de la scène, c'est moi toute entière qui m'écarquille, le corps devenu trop petit soudain...

Je pense que la beauté ça vous frappe en plein coeur sans se laisser expliquer. Je préfère continuer à croire que j'ai eu une apparition...

Je pense à sa propre lumière, à la manière dont elle m'éclabousse

Je pense que si je l'approchais trop près dans ces moments, je me brûlerais

Je pense

Je pense à son visage quand

Je pense à son visage quand il criait

Je pense au pont jeté entre le plaisir et la douleur, quand on ne sait plus et quand c'est trop tard...

Je pense que je recommencerai ...

Et toi, s'il te plait, je t'en prie, à quoi tu penses?

Posté par lorelei azur à 18:53 - Pomme - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 août 2008

Ersatz littéraire

ACACIA



J'ai pensé au roman de Faulkner, "Le Bruit et la Fureur"...D'abord parce que cette chanson à présent évoque vraiment pour moi la folie de ce personnage meurtrier qui chante d'une manière si douce...Je pensais aux trois frères du livre, qui nous racontent leurs tourments et leurs obsessions...Je pensais aussi au style un peu décousu de la chanson... Il y a aussi ce personnage féminin dont on parle mais qui n'intervient pas, et les choeurs lointains de Morgane, tout cela m'évoque le personnage de la soeur, Caddy, qui est au centre de l'histoire mais qui ne s'exprime jamais.



Je pensais aussi au roman de Steinbeck, "Des Souris et des Hommes" avec le meurtre de la femme de Curley par Lennie...


LES BORDS DE MER



J'ai pensé aux tourments du jeune Marcel Proust en vacances à Balbec dans "A l'ombre des Jeunes Filles en fleurs". Cette chanson là, malgré le fait qu'elle parle d'avion, de posters, de Malibu, m'a toujours semblé un peu désuette dans sa mélancolie...

LES LIMITES



Je place la barre bien haut là..Un de mes auteurs préférés, Colette, et le livre que je préfère parmi ceux qu'elle a écrit, "Claudine à l'école"...Bon, je ne compare pas le style littéraire de Colette avec les paroles des Limites, mais l'impertinence, la légereté, le côté joueur et faussement désabusé de la chanson me font penser au personnage de l'écolière de Montigny...Le côté insaisissable comme dit Julien...

BOUCHE PUTE

Là ce n'ets pas le choix qui manque...On pourrait penser à "La Philosophie dans le boudoir" de Sade ou aux "Infortunes de la Belle au Bois Dormant" d'Anne Rice



Mais au final ce n'ets pas vraiment ce que je retiens de cette chanson. Le désespoir de voir la passion s'envoler inéluctablement, les hanches rester étanches quoiqu'on fasse, je le retrouve dans le roman d'Annie Ernaux "Passion Simple"..."A partir du mois de septembre l’année dernière, je n’ai plus rien fait d’autre qu’attendre un homme : qu’il me téléphone et qu’il vienne chez moi"



LES FIGURES IMPOSEES c'ets le blanc...Un livre au style froid sur un sujet banal et mal traité, ça doit bien exister mais il ne m'en vient pas là...

DANS TES REVES



Fallait bien que je les replace ces deux là, Bouvard et Pécuchet, les imbéciles de Flaubert...Je ne me serai pas retapée le bouquin en vain au moins...

Y a ça aussi



Se balader dans toutes sortes d'univers en faisant le con...

PUDDING MORPHINA

Là j'ai pensé à la métamorphose de Kafka



Pas vraiment pour l'histoire mais pour l'atmosphère noire, désespérée, glauque, le glissement vers la folie...

PIANO LYS



Une évidence pour moi, et un de mes livres préférés, lu 100 fois quand j'étais ado, les lettres à un jeune poète de Rilke..le processus de création...

SOIREES PARISIENNES

Bof...ouais, peut être un bouquin de ces écrivains contemporains que Julien semble apprécier, Lélu ou Hoellebecq...



J'AIME PAS: encéphalo plat pour la deuxième fois...un roman qui autopsie les relations de couple et qui ne dit l'essentiel que par le biais du secondaire...il y en a mais ça m'échappe pour le moment...

FIRST LADY

Il y a pas mal de "first lady" dans la littérature...moi j'ai tout de suite pensé à celle ci...



SS IN URUGUAY

Là je n'hésite pas, cette histoire, que j'ai découverte avec Julien m'évoque une nouvelle de Stephen King qu'on peut trouver dans le recueil de nouvelles "Différentes Saisons"...L'histoire d'un ancien SS qui se planque aux Etats-Unis et qui est démasqué par un jeune garçon...



LOS ANGELES

L'ambiance de cette chanson me fait penser à John Fante et à "Demande à la poussière", l'univers mélancolique et le monde à la dérive d'Arturo Bandini, un jeune homme arrivé à Los Angeles qui essaye de devenir écrivain.



Sinon j'ai aussi pensé à "100 ans de Solitude" de Gabriel Garcia Marquez, mais les raisons sont moins faciles à expliquer et reposent entièrement sur des ambiances diffuses et des sensations...




Enfin, DE MOTS, cette chanson dont les paroles sont d'Arno et qu'il chante avec lui me fait penser à la Belgique...Trop simple pour me faire penser à Amélie Nothomb ou Marguerite Yourcenar, pas assez mélancolique pour George Rodenbach, un bon Simenon peut être?

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21 juillet 2008

Acacia

Spoiler



Quand je pense à Acacia j'ai des oeuvres de l'Art Brut qui me viennent en tête...C'est une chanson très douce qui raconte l'histoire d'un meurtre et d'un enterrement clandestin, quelque chose de très violent soutenu par des accords très tendres, c'ets presque schizophrénique...L'Art Brut m'a toujours fascinée, où sont ses limites, où est le commencement du voyeurisme?

Aloïse Corbaz


Les bords de mer

Spoiler



Pour moi les bords de mer c'est une chanson un peu précieuse, un peu pincée sur la désillusion...je la retrouve dans ce tableau de Monet, où le flou empêche de mettre des lignes trop précises aux événnements, gomme un peu la souffrance...


Bouche Pute

Spoiler



Pornocratès de Félicien Rops, une femme avance les yeux bandés, guidée par un cochon...Les personnages de la chanson Bouche Pute sont à la dérive, guidés par leurs sens parce que c'est la seule chose qui leur reste...


Les figures imposées

Spoiler



Du léger, du très léger...comme un mobile de Calder...


Pudding Morphina

Spoiler



Pour moi, Pudding Morphina dans sa noirceur un peu baroque ressemble à la peinture de Frida, qui a peint sa propre douleur avec une cruauté qui me laisse toujorus sans voix...


Piano Lys

Spoiler



Un OVNI, un truc non identifié, composé de toutes sortes de matériaux, de couleurs, le tout assemblé comme au hasard...et au final ça donne une chose totalement nouvelle et d'une grande sensibilité

Jean Tinguely


Les soirées parisiennes

Spoiler



Les Masques d'Ensor...no comment


First Lady


Spoiler



Chez Dante Gabriel Rossetti, je retrouve cette femme fatale, qui semble assagie mais qui n'attend que l'occasion de retourner à sa vie de passions


Los Angeles

Spoiler



Ambiance mélancolique, crépusculaire...La chanson Los Angeles sent la rupture, les aux revoirs, la fin de quelque chose auquel on voudrait encore s'accrocher


De Mots

Spoiler



Cette ultime chanson pour moi c'est l'antithèse parfaite des Bords de Mer ou des soirées parisiennes...Une vraie fête et des sentiments colorés et spontanés...

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Te Détourer à la craie


Te Détourer à la craie

Si j'étais journaliste, je ne serais pas originale, je voudrais le filmer de cette manière aussi...pas seulement parce que les gros plans sur les différentes parties de son visage retiendront nécessairement l'attention des femmes derrière leurs écrans, mais parce que ces images là, elles ne mentent pas, elles mentent moins...

Les gros plans essaient de résoudre l'énigme du visage, débusquent les contradictions latentes entre les mots et les rictus, interrogent les traits sensibles et les yeux à la fois profonds et hermétiques, plongent sur les instants où il semble que les masques glissent...je crois qu'on voudrait tous savoir un peu mieux qui est vraiment Julien Doré...

Les mots s'égrenent, déjà lassés d'eux-même, le même discours répété des dizaines de fois en quelques semaines, souvent interrompu, souvent réduit à quelques mots au final, les interlocuteurs au sourire figé qui n'attendent que le moment de poser des questions privées, et sous couvert de s'être intéressés d'abord au produit...

Et pourtant il s'en donne du mal, il joue sur sa prononciation particulière, il appuie sur certains mots, il ne faut pas que le discours aie l'air blasé, rodé...L'illusion doit être parfaite pour le passant qui survole sans s'arrêter vraiment...

Quand il ne noie pas le poisson dans une attitude désinvolte et une montagne de blagues plus ou moins foireuses mais qui font souvent mouche pour déconcentrer et faire rire ses interlocuteurs (et surtout ses interlocutrices), alors:

"Ersatz c'est une forme de modestie" disent les mots...

"mais je ne suis pas modeste dit la bouche qui s'avance, arrondie...devineras tu ce qu'il y a vraiment là dessous?"



"Sur scène, je veux jouir avec chaque personne dans la salle" disent les mots

"mais en vrai dit la bouche, je ne sais pas qui est ce public qui va venir pour moi et je ne sais pas encore ce que j'ai envie de leur donner...ne m'oubliez pas...ou oubliez moi, je ne sais pas..."



"En allant au casting de la Nouvelle Star, j'étais sûr de n'intéresser personne", disent les mots

"Tu y crois encore à cette foutue modestie toi? disent les lèvres qui forment des O faussement étonnés...Et moi, est ce que tu crois que j'y crois?"



Ce n'est pas encore aujourd'hui que je te détourerai à la craie Julien...

Bouche Pute, Bouche Menteuse et incapable de mentir vraiment...mais de toi ou de moi, qui ment le mieux finalement? Je raconte tout ça comme si j'avais tout compris, mais dans ton sillage, je cherche encore ton parfum...

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11 juillet 2008



Cher Julien Doré,

Je sais que tu ne sais pas. Je sais que tu ne liras pas. Je sais que je n'écris que pour moi.

Mais...

Les promesses implicites sont elles des promesses? Où commence la chimère, où s'achève la raison? Où sont les frontières, où sont mes limites?

Julien Doré, je vis avec toi tous les jours depuis plus d'une année et je m'aperçois seulement que j'aurais voulu ne jamais souffler sur les voiles... C'est l'imprécision des choses qui les rend immortelles...

Julien, tu ne m'intéresses pas en tant que toi...Sais tu qui je suis moi? Alors pourquoi donc devrais-je savoir ce qui fait tes jours à toi?

Mais j'ai ouvert la boite de Pandore...tu me l'a tendue ...disposions-nous de plus de marge?

Et à l'intérieur

On le sait

La colère d'abord

L'envie aussi

La frustration encore et toujours

Mais aussi un brin de cynisme dégueulasse égréné au fil du temps qui se déroule

Et déjà les Paradis perdus qui s'éloignent...

Il y a comme un fil d'araignée qui s'évanouit quand la réalité l'écrase...et je te vois t'effilocher au fur et à mesure que ton image se précise...comme en voulant saisir un reflet dans l'eau, je le brouille au passage.

Julien il est trop tard pour que je m'épargne d'en connaitre trop. Faut pas disséquer les choses pour savoir ce qu'elles contiennent, après on ne sait plus dans quel ordre assembler les morceaux...sur scène je te retrouve toi, entier, et j'oublie qu'au final ça ne m'amuse plus de te chercher...puisque ce que je trouve me coupe en deux, au passage.

Julien je te préfère en héros de ma mythologie intérieure...Descendu de ton Olympe, tu n'es qu'un mortel comme les autres, et je les vois trop vite tes talons d'Achille...

Julien s'il te plait, garde tes masques, ne te montre pas...Laisse moi flotter encore sur les vibrations de l'air autour de toi. Les yeux fermés...

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12 juin 2008

Bouche Pute

Bouche Pute, cet axe, ta chanson préférée dans l'album c'est toi qui l'as dit...Bien sûr elle intrigue, elle étonne, elle retient l'attention...elle choque parfois (Nouvel obs). Depuis le début, on en entend parler systématiquement dans les médias et les journalistes t'ont déjà plusieurs fois interrogé à ce sujet...qu'est ce que c'est que ce texte étrange, cette mélodie douce et mélancolique plaquée sur un texte si tendrement obscène, si amoureusement brutal..."Cette chanson parle de ma sexualité", ça tombe, implacable, et une fois de plus tu me surprends...Je prends le parti de te croire, je ne peux pas penser que tu mentes à propos des textes que tu écris...comme tu peux mentir à d'autres occasions "pour te préserver"...il faut donc croire que parler de ta sexualité dans sa crudité la plus directe ne t'insécurises pas...




J’aime bien dans ton habit du dimanche
Tous les motifs délavés

Ca commence dans la douceur, tu t'adresses à quelqu'un, peut être à moi en fait, c'est comme ça que je le ressens...L'empathie reprend le dessus et comme tu me tends la main dans l'univers parallèle de ta chanson, où tu peux partager la vie de toutes celles qui le souhaitent, je la saisis, moi je n'attends que ça...
Une robe à fleurs ancienne, décolletée, fermée par des rangées de boutons lents à détacher et qu'on aime porter le dimanche quand on ferme la porte à clé et qu'on passe la journée en tête à tête, à inventer de nouvelles petites perversités...

Un jour, j’irai pisser sur tes hanches
Provoquer toute leur étanchéité

Ca claque comme un élastique qui cède dès la troisième phrase de la chanson...Onanisme, douche dorée?
Tu n'as pas de respect pour le corps, tu l'as dit à propos des tatouages...en écoutant ces douces petites saletés, je le comprend différemment...le corps n'est pas sacralisé, les marches à suivre ne sont que des prisons...le respect de ce qui se fait, la retenue, la réserve, la raison vous maintiennent la tête sous l'eau, avec juste parfois une bulle d'oxygène pour agoniser plus lentement...Les corps sont des lieux d'expérience et de jouissance. Le vrai respect pour le corps de l'autre c'est de ne pas outrepasser sa volonté. Car de toutes façons, quoi que tu fasses, tu ne pénétreras jamais là où tu voudrais vraiment aller...et l'être reste uni...et seul.
Parfois au début d'une histoire, le besoin de fusion est tellement fort qu'on voudrait vraiment vivre DANS l'autre...c'est une des plus grandes désillusions des amoureux que de s'apercevoir que quoi qu'on fasse, et aussi extrême que ce soit, on ne touche jamais l'autre qu'en surface...et les hanches pour toujours resteront étanches...

Pour ainsi dire et de passage
Ton corps noué dans le parquet

Mais oui je suis là de passage, mais on n'est tous là que de passage dans la vie des autres et si à travers les veines du bois tu distingues mon corps noué dans le parquet, cette présence sera peut être plus réelle que la mienne propre...attaches moi donc si tu le veux, empêches moi de partir, si il le faut je ferai semblant de vouloir m'en aller pour que tu me retiennes, nouée dans tes rêves, prisonnière de ton parquet, à tes pieds, à ta merci...si tu le veux.

Ta bouche pute sale jusqu'à la rage
Me fit te détourer à la craie

Ma bouche sale, maculée, de mots, de toi, de maquillage étalé par des doigts qui se promènent et qui exigent, ma bouche sale parce que je te dit ce que tu veux entendre...redis le moi encore...redis le...encore...

Histoire de voir où tu en somme
Décide de pleurer vers le large
De jolie brume à pauvre conne
Disposais-tu de plus de marge

Je pense à un bateau qui s'en va vers le large, parce qu'on n'a pas su l'attacher assez solidemment à quai...

La jolie brume, l'évanescente et puis les corps...quand on a tout brûlé on n'est plus rien, qu'un pauvre con, qu'une pauvre conne. La passion s'éteint, on n'y a pas cru mais on n'était pas différents des autres...

Je prends le large loin de toi, parce que seule toujours et toi seul encore, on n'a pas réussi à reconstituer l'être unique mythologique, à la fois homme et femme que les dieux ont séparés pour les punir d'être aussi heureux...les vieilles légendes nous parlent encore...

Je reste allongé sur tes sables
Mouvants pouvant parfois m’aider
A devenir ton homme slave
A verve morte dilatée

Ton corps était ma plage, mon ile perdue, mon Eden...Un jour les sables ont commencé à m'engloutir, petit à petit, sournoisement...ton corps deviendra t il ma prison et le mien fera t il de toi un homme slave, mon homme EsClave, quand je ne voulais que m'envoler avec toi? Tu restes...parce que se laisser couler peut être délicieux jusqu'au moment où on manque d'air...Les mots sont vidés de leur sens, déssechés, délavés comme ma robe du dimanche...ils se dilatent pour essayer de sauver les apparences...à vouloir enfermer l'autre dans des mots trop grands pour lui, on l'étouffe encore un peu plus...

Et de ton corps à demi nu
Je ne retiens qu’à demi-mot
Les maîtres maux de ton ...

Parce que de tout cela, le plaisir restera peut être le cadeau le plus beau...à demi mots dans un demi sommeil, j'annone des débuts de phrases qui ne ressemblent à rien...c'est quand on se rend sa liberté quand s'aperçoit à quel point on a pu s'aimer...
Les maitres maux de mon ..., et ses maitres mots, des mots qui ne doivent pas se dire, comme des formules magiques immémoriales...le corps n'est pas sacré, n'ets pas respectable dans son immobilisme, mais sa complexe constitution, le réseau de nerfs qui le traverse, chaque centimètre de ta peau sensible, le bout de tes doigts mérite qu'on aille au bout de lui, comme un voyage...

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09 juin 2008

Five o'clock Tea



Five o'clock Tea


Objets rétros, grand fauteuil en cuir verdâtre, plancher, chapeau de paille renversé, teintes sombres... et au milieu de tout ça Julien et ce petit air arrogant/désabusé que j'adore, avec quelque chose de vraiment British, mais plutôt British fin 19ème siècle, comme alangui par une chaleur inhabituelle et qui pourtant ne renonce pas à "s'habiller"...Irrésistiblement, mon esprit s'envole, il flotte comme un parfum d'autrefois sur tout cela (faisons abstraction des chaussures Mr. Green )...La mélancolie du temps qui nous échappe et des évenements qui arrivent bien trop vite. L'exilé volontaire.

Alors je t'imagine aventurier solitaire, séducteur ombrageux...Ils sont déjà nombreux à peupler mon imagination, réels ou fictifs, Arthur Rimbaud remontant le Nil, Denis Finch Hatten, l'aviateur amoureux du film "Out of Africa"... L'imagerie romantique du Vagabond Céleste a encore une belle vie devant elle et la photo en compagnie des animaux empaillés n'est pas bien loin... Partir camper avec toi dans la savane, observer les lions, écouter Mozart sur un phonographe à l'ancienne, discuter toute la nuit autour du feu de camp... Comme toujours j'imagine les scènes que je décris et cette fois elles sont en sépia, comme si elles faisaient partie d'un album photo très ancien... D'imaginaires souvenirs de vies antérieures avec Julien.

J'ai émis des doutes à te voir au cinéma, pas sûre d'en avoir envie...Mais voyant cette photo et l'univers qu'elle met tout de suite en place, j'en viens à me dire "pourquoi pas?"...Il y a des rôles qui devraient te coller à la peau sans aucun doute.

En attendant, les yeux fermés, j'ai envie de sortir mon service en porcelaine et de te dire "Il est cinq heures Darling, vous prendrez une tranche de cake avec votre tasse de thé?"

Posté par petitepommeverte à 07:15 - Pomme - Commentaires [0] - Permalien [#]
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