11 janvier 2009
Mon frère m’a déçu, Julien l’a remplacé.
Mon frère m’a trahi, m’a blessé, Julien en concert a pansé mes plaies.
Mon frère que je chérissais, que j’admirais, m’a foulé du pied, Julien m’a tendu la main pour me relever.
Mon frère m’a craché à la figure, Julien, en chantant, a essuyé l’affront.
Julien n’est plus UN frère, il est devenu et restera mon frère.
Mon petit frère que je couve du regard,
Mon petit frère que j’admire dans le secret du noir.
Toi qui étais enfant unique te voici pourvu d’une sœur…que ton cœur se rassure, cette sœur là n’est pas plus envahissante qu’une nonne recluse dans son couvent, cette sœur là veille sans intervenir, cette sœur là surveille sans faillir, cette sœur là ne saurait te trahir, cette sœur là...
23 juin 2008
Piano Lys
PIANO LYS
J’essuie les lames de tous tes fonds
De fil en cave sans opinion
Je suis le lys que tu exportes
In extremis en porte à porte
Je suis les larmes de toutes
J’essuie les larmes de toutes et je fonds
Je suis une lame de fond
Défile en caleçon au pignon (ça veut rien dire mais ça me fait rire)
Je suis le lys que tu exportes (un beau produit commercial)
Je suis le lisse (l’insaisissable savonnette médiatique)
A l’extrême, miss, emporte apporte (il nous emporte loin et nous lui apportons « peut être » beaucoup)
Dans les virages que tu m’empruntes
Je trace en large le trait d’absinthe
Qui me remonte le long du nez
En amont des cétacés
Dans les vies-rages tu ments
Dans les virages que tu m’empruntes (dans les pirouettes qu’il offre en réponse aux questions, pirouettes maintes fois utilisées, décortiquées, surbranlées)
Je trace en large le trait d’absinthe qui me remonte le long du nez (version culinaire : la moutarde lui monte au nez. Version médicale : il est très enrhumé. Version beaux arts : il se peint une paire de moustaches blondes)
Le trait d’âme sainte qui meurt monte l’aduler (délire mystique de 76)
En un monde cétacé, (un monde énorme qui avale tout)
En un mot c’est assez
Je peins la langue bleue de Cézanne
Battée au fer rouge pivoine
Qui me demande tout à l’envers
Et je me doute que tu t’y perds
Je peins la langue bleue de ces ânes bâtés (les journalistes)
Battus au fer rouge (pressés comme des citrons pour sortir de l’information)
Ta langue offerte rouge pivoine (ses femmes les fans, haletantes devant leur écran)
La langue bleue de ces ânes qui me demande tout à l’envers (les questions nullissimes des journalistes sans compétence qui lui parle toujours de sa barrette et de son ukulélé)
Et je me doute que tu t’y perds (en effet, nous ne savons plus démêler le faux du vrai)
08 juin 2008
Pudding Morphina
Pudding Morphina
Malaise, la première sensation.
Absorbée, dès les seconds mots.
Addict, à ta voix, à ton histoire, à ta mort fine.
Les souvenirs enterrés avec les êtres chers reviennent en mémoire, reviennent en larmes, reviennent aux tripes.
I was born in morphina je vois le rejeton d’une junkee dans une bulle de verre, entubé pour survivre.
My sick brain is leaving my head, je me souviens de cette morphine qui te faisais oublier les douleurs du crabe, toi dont j’étais la petite fille et la filleule.
Julien Doré je te hais d’écrire des mots-poignards,
Jongleur de sentiments, prestidigitateur d’émotions,
Je pleure, je ris, je ris en pleurant, je pleure en riant…
Tu m’étripes à chaque mot que tu déverses dans mon cerveau.
Troubadour extrémiste je m’esclaffe aux limites et me répand en pudding morphinique dégoulinant.
17 avril 2008
Bouche pute
06 avril 2008
Le désir des hommes
Le désir des hommes
Du désir des hommes j'aime me repètre.
Des ires des hommes je me délecte : c'est beau un homme en colère, c'est fort, puissant, envoutant, c'est un Roquefort affiné dans une cave voutée, c'est un café serré tout contre moi au petit déjeuner.
Au désir d'un homme j'aime à ma guise me soumettre, missionnaire ou levrette, peu importe où j'ai la tête si je me sent soubrette.
Le désir des hommes, à l'image de l'immaculée conception et contrairement à moi est impénétrable.
Mais mes désirs juliénaux sont avouables et purs en diable, je le rêve ami, je l'imagine frère, mes désirs oniriques sont angéliques à son encontre.
Si ils étaient osés, mes désirs juliénaux seraient coupables et je préfère la contemplation à la culpabilité alors, je te contemple Julien Doré, plantée devant toi comme devant un Dali, un Miro et autre Vermeer
Les yeux embués d'admiration, les oreilles frissonnantes et charmées, l'âme transportée là où tu veux l'emporter.
Tu réveil mon désir d'un homme, autant velu que tu es glabre, autant brun que tu es blond, le regard rappelant plus la terre de Don Quichotte que le ciel Nîmois.
Mon homme que je désire au matin, contemplant son corps reposé aux lueurs de l'aube, me blotissant contre sa peau, presque mienne, pour prendre sa chaleur, tellement serrée contre lui que je voudrais devenir son corps.
Si se faire désirer c'est se faire attendre, alors je désire plus qu'un homme : un alb'homme nommé désir mon a'Doré.

