07 janvier 2008
Jeu de couleurs
- Rouge : Comme un taureau fou de douleur et de colère au milieu de l'arène, tu harangues un public irrespectueux
- Jaune : Comme un soleil à son zénith, tu éclabousses de ta lumière incandescente un public ébloui
- Noir : Commme une nuit froide, profonde, sans espoir du moindre point de lumière, tu te bats contre un public indifférent
- Vert : Commue un fougueux printemps submergé par une sève indomptable, tu enflammes un public électrisé
- Blanc : Comme un radieux archange déployant ses ailes duveteuses, tu emmènes dans ton monde un public conquis
- Bleu : Comme un éblouissant éclair zébrant un ciel d'été, tu tétanises d'admiration un public médusé
- Argenté : Comme la lame tranchante d'un glaive menaçant, tu te joues avec une froide ironie d'un public hautain
- Rose : Comme une peau colorée par des milliers de tendres baisers, tu t'offres à un public énamouré
- Orangé : Comme un beau fruit à maturité, gorgé de sucre et de soleil, tu te fais gourmandise pour un public affamé
- Violacé: Comme le Christ sur la croix au moment d'une douloureuse extase, tu fais tien un public transcendé.
Face à face
Viens Julien, approche ton visage du mien
Je veux simplement le prendre dans mes mains
Comme un bijou dans son écrin
Viens, de moi ne crains rien
Je veux déposer sur ce beau front
Déjà zébré d'imperceptibles sillons
Comme un champ préparé pour la moisson
Un doux baiser chargé d'émotion
Je veux délicatement du bout des doigts
Redessiner le contour de ces sourcils narquois
Que l'on dirait tracés par un calligraphe chinois
Maniant le pinceau à la gloire d'un roi
Je veux effleurer tes paupières mi-closes
Délicates comme la plus belle des roses
Frémissantes à ce contact auquel je m'expose
Et qui sur les bords de ton âme me dépose
Je veux suivre la ligne pure de ce nez
En caresser les narines avec volupté
Les sentir subtilement palpiter
Comme les ailes d'un papillon fou d'été
Je veux poser mes paumes sur tes joues soyeuses
Frôler avec une tendresse amoureuse
Ce duvet semblable à une fourrure laineuse
Sentir la chaleur de ta peau m'envahir, heureuse
Mais je ne peux embrasser ces lèvres ourlées
Car cette intimité ne m'est pas octroyée
Je sens pourtant ton souffle dans ma bouche pénétrée
Il envahit tout mon être et je suis comblée.
A toi, Julien
22 décembre 2007
Poème
Tu es ...
Talentueux
Comme un artiste béni des Dieux
Flamboyant
Comme un soleil en son couchant
Caustique
Comme un gamin qui fait la nique
Rageur
Comme un cheval en fureur
Discret
Comme un sentiment gardé secret
Loyal
Comme une amitié sans égale
Brillant
Comme une étoile au firmament
Emouvant
Comme une larme en perlant
Inquiet
Comme un animal aux aguets
Sombre
Comme la noirceur d'une ombre
Serein
Comme un beau fruit plein
Charmeur
Comme un élan venant du coeur
Lucide
Comme un rockeur sans acide
Timide
Comme un jeune homme encore candide
Chagrin
Comme un exilé loin des siens
Souriant
Comme la promesse d'un printemps naissant
Charismatique
Comme un héros biblique
Julien, tu es ...
12 décembre 2007
Sans titre
Je te veux
Et pas seulement en voeu
Oh, mon Dieu !
Ce manque délicieux
Rien que nous deux
A toutes heures et en tous lieux
Yeux dans les yeux
Mes doigts dans tes cheveux
En moi comme un pieu
Plaisir douloureux
Pas de désir creux
Gouffre dangereux
Mais, quoi de mieux ?
Sentiment amoureux
Gestes langoureux
Unis tel un noeud
02 décembre 2007
Un régal pour les sens
Je suis une subtile caresse
Je frôle ton corps doux et laiteux
Tu éprouves un sentiment proche de l'ivresse
Tu t'abandonnes, épuisé mais heureux
Je suis une lancinante mélodie
Je ne te laisse aucun répit
Je te hante de mes harmonies
Tu m'écoutes, enivré et conquis
Je suis une fascinante couleur
Je t'éblouis par mon chatoiement
Je sais que je t'ai touché au coeur
Tu me dévores des yeux, amoureusement
Je suis une moelleuse friandise
Je fonds sur ta langue comblée
Je prolonge cette sensation exquise
Tu retiens mon suc sur tes lèvres ourlées
Je suis une divine fragrance
Tu me humes en fermant les yeux
Je t'imprègne de mes essences
Tu succombes à mon parfum capiteux
18 novembre 2007
Lorsque mon père est tombé malade, je me suis préparée à l'inéluctable.
Je savais qu'il n'y aurait pas de guérison envisageable.
Le soir du grand départ, j'ai su d'instinct qu'il était impératif que je lui dise, et bien qu'il soit plongé dans un coma artificiel, combien il avait été un père admirable.
J'ai vu un léger sourire se dessiner sur ses lèvres.
Je suis certaine qu'il m'avait entendue, attendue.
Il s'en est allé peu après et lorsque son âme a quitté ce corps de souffrance, son visage était d'une sérénité absolue.
Nous nous étions dit au revoir.
Ce n'était pas un adieu, nous nous reverrions.
Ma grand-mère, elle, partit seule, sans un baiser des siens.
Je n'étais pas à ses côtés, alors que je m'étais juré de l'accompagner jusqu'aux portes d'un autre monde. Je m'en voulais tellement...
Quelques semaines plus tard, j'ai fait un rêve bouleversant qui m'a permis de faire la paix avec moi-même :
J'étais sur un quai de gare et, après le passage d'un train, elle m'apparut sur le quai d'en face.
Elle était sereine, souriante et me regardait avec bienveillance.
J'aurais voulu la rejoindre mais je savais que cela était impossible car elle était sur l'autre rive du Styx.
Elle parla à mon coeur en me disant qu'elle était parfaitement heureuse et que je pouvais m'en retourner apaisée.
Elle m'embrassa tendrement et me serra contre elle.
Ce ne fut pas un contact physique et pourtant je sens encore la chaleur de ses baisers.
Tout ceci pour tenter de vous dire que la mort est un passage obligé vers un ailleurs et que l'âme perdure à la disparition de la chair, fragile et souffrante.
Pour vous dire aussi que la fusion des âmes ici bas est une source de jouissance égale sinon plus grande que la fusion des corps, qualifiée, il me semble, de "petite mort".
Et Julien, dans tout cela ?
Il parle à mon âme, à mon coeur et cela, je l'emporterai avec moi lorsque le moment sera venu de tirer ma révérence.
16 novembre 2007
Toute mon enfance a été bercée par les contes de Charles Perrault que me racontait mon père, et cela pour mon plus grand bonheur.
J'en garde un souvenir ému car je revois la petite fille que j'étais alors se mordre les menottes à la fois de plaisir et de peur au gré des aventures extraordinaires qu'elle écoutait avec la plus grande attention.
L'histoire qui m'a le plus marquée et que j'ai réclamée des dizaines de fois fut sans conteste celle du Petit Chaperon Rouge.
J'attendais avec impatience le moment où "le grand méchant loup" croquait la jeune et belle enfant aux termes d'un insupportable mais très jouissif suspense.
Mon père avait ce don de faire monter progressivement la tension et je me cachais sous les couvertures, le ventre noué par un douloureux plaisir, dans l'atttente du dénouvement fatal.
Bien plus tard, dans le rôle cette fois de la conteuse, j'eus le sentiment, en redécouvrant ce conte, que la demoiselle au capucheron rouge avait peut-être bien cherché ce qui lui était arrivé.
Etait-elle aussi ingénue qu'elle voulait bien le faire croire ?
Troublée par sa rencontre avec le loup, symbôle du mâle tentateur, objet de fantasmes et de désirs inavouables, elle avait tout mis en oeuvre pour le conquérir, proie consentante de son charme ravageur.
Je me surpris à pleurer sur le sort du féroce prédateur qui paya de sa vie ce moment d'extase, pris qu'il fut au piège d'une petite lolita en quête de reconnaissance et d'émoi charnel.
Qui était en réalité la victime ?
Le loup était-il bien celui qui a effrayé des générations d'enfants ?
Et si l'histoire s'était répétée ?
Il était donc une fois ...
Je vous parle d'une époque révolue où le monde de ce qu'on appelait alors la "télé-réalité" vivait ses premiers balbutiements.
Une émission mettait en compétion une douzaine de jeunes chanteurs dont le rêve était de toucher du doigt la gloire.
Ils étaient jetés dans une arène virtuelle éclairée de mille projecteurs.
Un public électrisé attendait fébrilement cette confrontation en clamant sans répit leurs noms et en réclamant le sacrifice des plus faibles.
Cet endroit était en réalité bien plus dangereux qu'une sombre forêt.
Une horde de loups humains s'y était installée, guettant les moindres défaillances.
Cette meute était composée d'une femelle dominante, imposante, superbe, à la crinière fauve, au sourire carnassier et au regard brûlant.
Elle était entourée de ses trois mâles préférés qui attendaient eux aussi le moment de prendre part au festin.
Lors de la première joute, un jeune troubadour venu du sud stupéfia le public par son aisance, son audace, sa différence, son talent incontestable.
Ses cheveux rebelles, domptés tant bien que mal, ses yeux bleus comme la mer qui l'avait vu grandir, sa voix grave et sensuelle, éblouirent la prédatrice qui ne put cacher son trouble et son admiration.
Pourtant, face à elle, au moment du verdict, il était redevenu un petit garçon timide, presque étonné d'un tel engouement.
Faisant fi de toute prudence, la belle n'hésita pas à s'exposer en pleine lumière, debout, pour lui témoigner son bonheur, les yeux pétillants, le sourire tout à coup charmeur.
Le jeu de la séduction était en place.
Il ne s'achèverait que par la capitulation d'un des protagonistes.
La louve s'en voulait de cette faiblesse, craignant de perdre toute crédibilité aux yeux de ses partenaires.
Un jour, lorsque le petit chaperon bleu lui cria "I put a spell on you", elle ne comprit pas la portée de ce message et y vit une provocation qu'elle jugea inacceptable.
Elle retroussa les babines et ses yeux se firent aussi froids qu'une lame de métal.
Tout son être était tendu, prêt à bondir sur cet impudent qui se permettait de la défier.
Mais qui croyait-il être ?
Pensait-il bien naïvement pouvoir imposer sa loi ?
N'était-elle pas maîtresse du jeu ?
Et pourtant, au fond de son coeur, elle savait qu'elle ne pourrait lutter encore bien longtemps contre cet élan qui l'emportait vers lui.
Quand il apparut un soir le corps zébré d'étranges calligrammes, elle fut éblouie par le contraste de sa peau laiteuse sur laquelle elle rêva de poser les paumes.
A cette perspective, elle frissonna de plaisir.
Mais ce qu'elle aimait par dessus tout était cette voix chaude et sensuelle qui faisait perler des larmes de bonheur au coin de ses yeux alanguis.
La louve à cet instant devenait agneau, prête au sacrifice ultime qu'elle appelait de ses voeux.
Au fil des semaines, sa hargne prédatrice ne fut plus qu'un lointain souvenir.
Ce bel enfant avait subtilement mais définitivement pris les rênes du pouvoir et il savait jouer de son charme et de son talent.
En réalité, elle le sut dès l'instant où leurs regards se croisèrent et leurs doigts se joignirent, scellant ainsi leur union.
Le sacre du damoiseau ne faisait plus aucun doute et le public, également conquis, le porta au sommet.
La belle était vaincue, mais comblée de l'avoir été de la sorte.
Quand il quitta l'arène, triomphateur, elle sut qu'elle n'y reviendrait jamais
15 novembre 2007
J'ai rêvé qu'un jour de désespoir
Se poserait dans ma vie solitaire
Pour en chasser les pensées noires
Un archange au sourire solaire
J'ai espéré de tout mon coeur
Qu'il oublierait de repartir
Pour bercer de longues heures
Mon âme blessée, prête à mourir
Je me suis nourrie de son regard
Ses chants ont adouci mes peines
N'était-il donc pas trop tard ?
Et ma quête de bonheur, vaine ?"
12 novembre 2007
Lorsque Eve croqua la pomme, je sus que ma mission était accomplie.
Il ne fut pas très difficile de faire succomber cette faible créature dont les larmes ne m'émurent pas le moins du monde.
Mais que dire par contre de son compagnon ?
Qu'il me bouleversa dès le premier regard échangé ?
Qu'il était la promesse de délices inavoués, inavouables, l'incarnation de trésors à découvrir, à conquérir ?
Je me sentis tout à coup désarmé face à tant de beauté.
Après l'avoir cherché un moment, je le trouvai adossé à l'arbre de la tentation, la tête légérement rejetée en arrière, les paupières mi-closes, les lèvres gonglées d'avoir trop pleuré.
Il était là, offert, sans défense, perdu, inconscient du pouvoir qu'il exerçait sur moi.
Afin de ne pas l'effrayer, j'ondulai silencieusement jusqu'à ses pieds et m'enroulai doucement autour de sa jambe.
Il frémit à ce contact mais il ne me repoussa pas.
J'effleurai délicatement le creux de son genou et je l'entendis pousser un petit soupir rauque qui me combla d'aise.
Je m'enhardis et montai le long de sa cuisse pour m'immiscer dans le creux de son aine où je me lovai avec délectation.
Sa peau avait rosi de plaisir.
C'est alors que je découvris le véritable jardin d'Eden, celui de tous les bonheurs, de toutes les jouissances.
On vous a trompés en vous le décrivant comme un endroit rempli de roses et de miel.
C'est une contrée tour à tour sauvage, brûlante, mais aussi douce et accueillante.
On y connaît une félicité sans égale et son souvenir reste à jamais gravé au creux de mes reins.
Avant de la quittter, j'ai bu à sa source ardente un exilir qui brûle encore mes entrailles.
Je sillonnai son ventre et son torse juvénils en m'impreignant de son odeur et de la chaleur de sa peau.
J'arrivai à hauteur de son cour autour duquel je m'enroulai et posai la tête sur son coeur.
Je percevais ses battements rapides et je me nourris de cette folle chamade.
En relevant un instant la tête, je vis qu'il me regardait et je me noyai dans le bleu de ses yeux.
Je pénétrai enfin ce corps désiré par la bouche délibérément entr'ouverte et n'eus aucun mal à trouver le chemin d'un coeur palpitant.
Je le mordis avec la plus grande douceur afin d'y déverser quelques gouttes de ce venin qui ferait de lui cet ange démoniaque maintenant et à jamais.
Je le marquais ainsi de mon empreinte afin qu'il se souvienne toujours de notre rencontre.
Je lui avais offert mon bien le plus précieux.
En fut-il conscient ?
Je ne le sus jamais car au moment de quitter ce paradis perdu, il prit la main d'Eve dans la sienne et il ne se retourna pas une seule fois, me laissant seul à en mourir.
J'avais cependant tout gagné, mais avait-il réellement tout perdu ?
Je voudrais simplement ajouter ceci : l'objet de tous mes tourments ne s'appelait pas Adam.
Jules était son nom.